SYNOPSIS
LOIRE ATLANTIQUE

Presqu'île de Guérande

Guérande, la Renaissance

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Les paludiers ont retrouvé le chemin des marais. Ils y cueillent l’or blanc que la mode a remis au goût du jour. De juin à octobre, ils reprennent leurs gestes centenaires, troussant le sel au moyen de las, de grands râteaux aux longs manches. Guérande, avec sa surface et sa production, est le leader de la renaissance des marais salants.

     C’est un confetti sur la carte de France, un petit grain posé à l’extrême sud de la Bretagne, entre Vilaine et Loire. Nichée dans d’épais remparts médiévaux, Guérande étale ses ruelles autour de la collégiale Saint-Aubin. La ville dresse ses mâchicoulis, ses façades de granit et ses toits d’ardoise au cœur d’une presqu’île parsemée de rochers noirs et moussus, le terrain de jeu des gros crabes qui crapahutent à marée basse.
     Côté face, c’est une presqu’île couleur vacances, celle des châteaux de sable et des balades sur la plage. Côté pile, c’est une terre de labeur : de juin à septembre, imperturbable face au ballet des estivants, la récolte de sel bat son plein. Sept mille tonnes sont produites chaque année, loin devant Noirmoutier et Ré, les deux autres marais salants de la façade atlantique. Près de deux mille hectares de salines étalent ici leur étrange géométrie, une mosaïque de digues, canaux et bassins, comme un enclos fermé au sud par l’Atlantique, au nord par les coteaux maraîchers.
     Le sel marin est une vieille connaissance qui a apporté la richesse des siècles durant. La belle histoire a repris au début des années 90, après un long déclin. Une partie des salines abandonnées a été rénovée par une nouvelle génération de paludiers, puisque c’est ainsi qu’on surnomme ici les cueilleurs de sel. Bien sûr, ils ne sont plus habillés de blanc comme autrefois. Ils ne portent plus le chapeau de feutre à trois pointes. Et puis la mécanisation est passée par là, facilitant l’entretien des salines durant l’hiver. Pour le reste, c’est le même système naturel et les mêmes gestes qui prévalent depuis des siècles.

Texte Guylaine IDOUX - Photos Matthieu COLIN ©

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