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C’est l’une des vedettes de la gastronomie française.
Le roquefort est affiné dans le secret des caves du village du
même nom, dans le sud Aveyron. Une terre à la beauté austère,
où les fermes et les brebis font le gros dos face aux vents.
C’est l’histoire d’un fromage qui régale les
hommes depuis l’Antiquité. Alors, forcément, au cœur
de ce sud Aveyron qui a vu naître le Roquefort, la star locale
se devait d’être une sacrée gourmande. Quand vous
la rencontrerez, dans ses pâtures, elle sera en train de mâchouiller.
Elle y passe ses journées, indifférente aux vents vifs
et à la beauté des paysages qui l’entourent, de l’âpreté majestueuse
des falaises grises de la vallée du Tarn à la terre couleur
sang du Rougier de Camarès.
La brebis, ici, c’est une race à part, appelée Lacaune.
Signes particuliers ? Une bonne bouille, un long museau encadré d’oreilles
pendantes et un court manteau de laine où s’entremêlent
terre et broussailles. De ses pis gonflés sort un lait riche,
le trésor du sud Aveyron. Dans les bergeries caussenardes, sous
les voûtes aux airs d’église romane, les bergers assurent
que c’est le plus parfumé des laits, tellement demandé qu’il
a fallu étendre la zone de production à six départements
alentours. Une terre rude et sèche, un puzzle de plateaux, de
canyons et de vallées, piqué de villages médiévaux,
de cazelles (abris de bergers) et de lavognes (cuvettes pavées
recueillant l’eau de pluie), voilà tout le royaume du roi
roquefort.
Sa citadelle ? Roquefort-sur-Soulzon. Ce village rue d’à peine
700 âmes étale ses maisons grises sur les flancs du Combalou,
un vaste plateau calcaire qui le surplombe. En face, par delà la
rivière Soulzon, le Causse du Larzac déroule ses immensités,
hérissées de rochers aux formes tourmentées. Au
dessous s’étend un dédale de caves souterraines,
où les pains de fromage semblent dormir, sagement alignés
sur leurs étagères de bois sombre. L’indolence n’est
qu’apparente. Dans leur berceau de pierre, les entrailles du roquefort
continuent de travailler.
Texte
Guylaine IDOUX - Photos Matthieu COLIN ©
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