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Dans ces venelles survoltées se croisent
et s’entrecroisent les peuples et les ethnies qui ont fait le Caire,
la plus grande cité des monde arabe et africain. Coptes, Nubiens et
Bédouins se mêlent dans les souks, des capharnaüms aux allures
de cavernes d'Ali Baba. D’étals en étals, on est plongé dans
le monde raffiné des artisans qui ont fait la légende de l’Orient.
- Khan Khalili. C'est le plus grand de la ville, populaire
et populeux. Une ronde d'objets nous conte la légende orientale (cuivres, bijoux,
fioles de cristal, tissus chamarrés, lanternes ajourées)… Nous
sommes au cœur du Caire médiéval, où le commerce
des épices, puis du café, ont assuré la puissance de
la ville durant des siècles.
- Bab Zuweila. Ce souk populaire a poussé à l'ombre des palais
du vieux Caire. Ici vit le petit peuple égyptien, décrit avec
verve par Naguib Mahfouz, le "Zola du Nil". C'est le règne
des marchands de rue (rémouleurs, potiers, barbiers et repasseurs…)
- Al-gamaal. C'est le plus important marché aux chameaux
d'Egypte, à 35
km du Caire. On est bien loin des marchandages feutrés des souks urbains.
L'enjeu est de taille : chaque semaine, deux mille chameaux sont acheminés
depuis la Somalie et le Soudan. Un animal se négocie entre 500 et 2000
€.
- Tawfiqiyya. Les étals regorgent de fruits et légumes, produits
par la fertile vallée du Nil, depuis que la construction du Haut Barrage
d'Assouan a permis d’obtenir de l’eau à l'année
pour l’irrigation. C'est le cœur de la ville nouvelle, la vitrine
du pays, façonnée sur le modèle européen au 19ème
siècle.
Au fil des souks, les époques et les cultures se télescopent,
tricotant l'identité toujours mouvante du Caire. Dans les Mille et
Une Nuits, Shéhérazade s'interrogeait déjà: "Comment
le Caire pourrait-elle être autrement puisqu'elle est la mère
du monde?"
Texte
Guylaine IDOUX - Photos Matthieu COLIN ©
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