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Chaque
pas révèle l’ampleur de la transformation : dômes
redorés, palais pimpants, parcs nettoyés, statues décapées,
parkings sauvages supprimés, zones piétonnes aménagées,
circulation assagie… Débarrassée de sa gangue noirâtre,
de sa circulation anarchique et de ses ruelles lépreuses -bref,
de ses clichés- Naples respire. Naples revit.
Aseptisée ? Non, juste rendue aux Napolitains. Rendue aux adolescents
qui voient pour la première fois les fontaines de leur ville couler.
Rendue à ses palais acidulés -oranges, verts, roses, jaunes–,
autant de couleurs qui avaient disparu sous une couche poussiéreuse.
Rendue aux flâneurs qui découvrent qu’il fait bon se
balader sous les palmiers des parcs, nettoyés et parsemés
de statues immaculées. Naples rendue aux passionnés d’histoire
qui voient réapparaître les traces du glorieux passé sur
les façades des palais décapés.
Au cœur du quartier historique continue de résonner le brouhaha
des marchés de rue. Le linge au fenêtre n’a pas disparu.
On mange toujours, pour trois fois rien, les « meilleures pizzas
du monde » comme le clament les fiers pizzaïolos. Le dimanche,
les familles paradent, parés de leurs plus beaux vêtements,
sur les placettes de quartier. Les églises sont pleines, les foules
défilent deux fois par an derrière la statue de Saint-Janvier,
priant pour que le saint patron de la ville n’aille pas réveiller
le volcan. Naples reste un théâtre permanent. On a rafraîchit
le décor, mais les acteurs, eux, n’ont pas changé.
Tant mieux.
Texte
Guylaine IDOUX - Photos Matthieu COLIN ©
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