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Nichées dans le talon de la botte italienne, baignées par l’Adriatique et la mer Ionienne, imprégnées d’histoire médiévale, les Pouilles déroulent leur chapelet de monuments et leurs champs d’oliviers le long de côtes dentelées. Nichée au cœur de la péninsule salentine, dans le talon de la botte italienne, la ville de Lecce surprend. Princesse baroque, cité blonde et raffinée, elle fait mentir les clichés sur le sud de l’Italie, prétendument pauvre et aride. Colonie romaine florissante, capitale de la terre d’Otrante puis capitale intellectuelle, la cité porte en ses murs la noblesse de son histoire. Au XVIIème siècle, la cité a recouvert ses palais d’un extraordinaire manteau baroque. La fantaisie des artistes s’y est exprimée, à travers une broderie de pierre, un bestiaire tour à tout drôle, fantasque et majestueux, façonné dans cette pierre tendre caractéristique de Lecce, qui obéit au rabot et à la hachette. D’où ce baroque « leccese » qui n’a rien de commun avec la monumentalité romaine : il frise et pétille sur les façades, se fait aigle, singe ou dragon, fleurs ou fruits, sur les maisons les plus simples, dans les ruelles les plus sombres et s’épanouit sur l’une des plus belles basiliques du pays : la majestueuse Santa Croce, dont chaque centimètre carré semble dédié au baroque. Aujourd’hui, l’art est toujours présent avec la fabrication des statues religieuses. Derrière les fa çades à frontons, Lecce continue de modeler. La cité baroque est située au cœur d’une riche région agricole, recouverte d’oliveraies, de palmiers et de vignes, parsemée de villages médiévaux, Otrante et Gallipoli, dont les murailles ouvrent sur la mer turquoise. Une vertigineuse route côtière longe ce littoral, culminant parfois à plus de deux cent mètres au dessus de l’eau. Arrivé au cap d’Otrante, on bute sur l’extrémité la plus orientale de l’Italie, au royaume des deux mers : la mer Ionienne pour qui regarde vers la Grèce ; la mer Adriatique pour qui admire l’ouest couchant.
Texte Guylaine IDOUX - Photos Matthieu COLIN © |
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