Easy rider sous le soleil de Corse, ça donne
quoi ? Un cocktail plages et virages, pour faire crisser vos pneus,
du Golfe d’Ajaccio aux calanques de Piana. Moteur…
Accrochez vous au guidon,
pas question de se rater sur cette route : bosselée, étroite et vertigineuse, la D624 est une
suite de virages en épingle, du village de Piana (68 km au nord
d’Ajaccio) à la petite crique de Ficajola. Dans les voitures,
les conducteurs n’en mènent pas large le long des ravins.
A moto, toute la perspective change : on slalome, on fait crisser les
pneus pour épater des touristes, on fait demi-tour presto pour
mieux admirer un panorama. Avec, dans les oreilles, le chant des cigales.
Et dans les narines, l’odeur de la myrte, de la lavande et des
conifères…
Le voyage a commencé à l’aéroport d’Ajaccio,
où les Trail bleus nous attendaient : 125 cc pour ceux qui ont
le permis voiture (permis B), 600 cc pour les pros (permis A). On a
empilé nos affaires dans le porte-bagages. Et puis on a fait
une mise en jambe sur le parking. Peu fréquentées (hors
saison !), les routes corses sont même accessibles aux débutants
(« à condition de prendre deux heures de moto-école
avant de venir » dixit le loueur).
Le parcours ? On démarre à Ajaccio. Une heure plus tard,
on n’a pas encore fait trente kilomètres mais on a déjà mal
aux bras. Ca n’en finit plus de tourner, de grimper, de descendre,
de monter… Nez au vent, on file vers le nord, sur la route de
Calvi. On navigue entre mer et montagne, on grimpe à l’assaut
du col de la Torraccia, on longe les criques. Plus loin, on s’essaie
aux pistes du maquis, sur les hauteurs de Porticcio, la station balnéaire
du sud d’Ajaccio. Bosses et difficultés à gogo…
A l’étape, c’est gastronomie corse : pâtes à la
langouste, charcuterie (les cochons croisés en route…),
saucisson à l’âne, gâteau à la châtaigne… Ca
vous plombe un motard, inutile d’espérer ensuite avaler
les lacets ! Les plus courageux bivouaqueront sur la plage, sac de
couchage et belle étoile. Nous, on se la joue confort : petit
hôtel de charme, terrasse de restaurant avec vue sur mer. Pile
ce qu’il nous faut après une journée de moto.
Photos
Matthieu COLIN - Texte : Guylaine IDOUX ©