De la plaine des Gaïacs jusqu’aux grandes solitudes de Ouaco, impossible de ne pas entendre le martèlement des chevauchées calédoniennes. Chapeaux de cow-boys et chevaux piaffants, les éleveurs calédoniens sont les descendants des bagnards que la France reléguait sur ce territoire à la fin du XIXème siècle. Pionniers involontaires, ils ont fait de cette côte aride et sèche leur fief. Plus qu’un folklore, leurs traditions sont empruntées aux cow-boys australiens, parce qu’elles se prêtent aux impératifs climatiques et géographiques de l’île. Seul le cheval peut aider l’éleveur sur cette terre au relief accidenté. Du matin au soir, les cow-boys français du Pacifique chevauchent, rentrant le bétail pour le marquage, la baignade, les soins ou partant explorer les limites de leurs propriétés et surveiller les troupeaux... Leur passion ? Organiser de grandes battues, pour des chasses aux cerfs (qui pullulent). Fusils et chevaux (parfois mécaniques) sont de rigueur pour ces chevauchées aux allures de western. Les cow-boys français se racontent peu. S’ils vous accordent finalement leur confiance, ils vous répéteront que cette terre leur est chère. Ils ont investi sur ces étendues sauvages et entendent les laisser à leurs enfants. Des revendications qui les opposent au Kanaks, l’ethnie originelle du territoire, qui a vu les ranchs s’élever sur les terres coutumières. Ils clament depuis des années leurs droits ancestraux sur ces plaines sacrées. Entre les deux mondes, les relations sont tour à tour étonnamment cordiales ou violemment tendues. Aujourd’hui, les foires agricoles se transforment souvent en
rodéos ou en impressionnantes courses de stock. C’est
aussi l’occasion de mesurer le chemin parcouru, depuis l’importation
de la première vache d’élevage en Nouvelle-Calédonie, à la
fin du siècle dernier. L’élevage bovin constitue
la principale production animale du territoire. On compte 815 stations
(à majorité pour la production de viande), regroupant
près de 105 000 têtes de bétail. L’essentiel
du cheptel se trouve sur la Grande Terre, principalement sur la côte
ouest. Un far-west français au bout du monde.
Photos Matthieu COLIN - Texte : Guylaine IDOUX © |
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